Le cours de l’or recule sous les 3 400 $ : marchés figés entre la Fed, Pékin et les tensions armées

Par Enzo

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Le cours de l'or tombe sous les 3 400 $

Un repli sous pression dans un climat d’attente

Le cours de l’or (XAU/USD) reflue en ce 7 mai, incapable de maintenir sa progression entamée lors des deux séances précédentes. Le seuil symbolique des 3 400 dollars a été brièvement franchi à la baisse, signal d’une volatilité accrue dans un contexte chargé d’incertitudes. En séance européenne, l’or évolue sans conviction, piégé entre un dollar peu dynamique et une attente fébrile des grandes annonces monétaires.

Une Fed scrutée à la loupe par les investisseurs

La Réserve fédérale américaine s’apprête à dévoiler ses orientations, un événement largement anticipé par les marchés. La stagnation du dollar limite momentanément l’amplitude de la correction sur l’or, mais l’équilibre reste fragile. Le discours de Jerome Powell, prévu ce mercredi soir, pourrait infléchir la trajectoire des actifs majeurs. La moindre inflexion dans la stratégie de taux provoquerait des mouvements brutaux sur le dollar… et donc sur le métal jaune.

Pékin et Washington renouent le dialogue… sans convaincre

Malgré l’annonce de nouvelles discussions commerciales entre les États-Unis et la Chine, la prudence reste de mise. Les marchés n’ont pas été rassurés par cette reprise du dialogue prévue en Suisse, entre Scott Bessent et Jamieson Greer pour les États-Unis, et leurs homologues chinois. La reprise des tarifs douaniers alimente la nervosité.

Donald Trump, lui, souffle le chaud et le froid. Il évoque la possibilité d’accords partiels tout en réitérant des menaces de surtaxes, notamment sur les produits pharmaceutiques et audiovisuels étrangers. Ce double discours entretient l’ambiguïté et rend toute lecture des marchés plus délicate.

Foyers d’instabilité géopolitique : le risque n’est plus localisé

L’environnement mondial s’assombrit davantage. À l’Est, la Russie annonce un cessez-le-feu temporaire en Ukraine, du 8 au 11 mai. Mais cet apaisement est conditionné à l’absence de réponse militaire ukrainienne, ce qui laisse planer l’incertitude.

Simultanément, Israël s’apprête à intensifier ses opérations terrestres dans la bande de Gaza, avec un feu vert stratégique donné par son cabinet de sécurité. Ce mouvement militaire pourrait être différé jusqu’à la visite de Trump au Proche-Orient, mais reste au cœur des préoccupations diplomatiques.

Dans le sous-continent indien, la situation militaire entre l’Inde et le Pakistan continue de se dégrader, accentuant l’instabilité régionale. Cette accumulation de tensions internationales entretient une volatilité de fond, mais sans déclencher un afflux massif vers les valeurs refuges comme l’or.

Prises de position gelées à l’approche du FOMC

Les investisseurs institutionnels suspendent momentanément leurs initiatives. Les deux dernières séances haussières ont cédé la place à un attentisme palpable. Les opérateurs retiennent leur souffle en attendant les indications du Comité fédéral de l’open market (FOMC). La configuration actuelle traduit un gel des arbitrages majeurs.

La déclaration de Powell pourrait faire basculer les marchés d’un extrême à l’autre. Une révision du calendrier des baisses de taux ou un changement de ton suffirait à déplacer les lignes, avec des répercussions immédiates sur le dollar américain et sur l’or.

Analyse technique : une bataille de niveaux

Sur le plan technique, l’or continue de s’appuyer sur un ancien plafond devenu support entre 3 360 $ et 3 365 $. Ce seuil reste stratégique : une clôture au-dessus confirmerait un maintien haussier. Les indicateurs techniques sur graphique journalier restent en zone positive, renforçant la probabilité d’un rebond.

La hausse de début de semaine a buté sur une résistance forte entre 3 430 $ et 3 435 $, qui constitue désormais un point pivot à surveiller. Le franchissement de ce seuil relancerait une dynamique vers le record d’avril, voire une envolée vers 3 500 dollars.

En cas de nouveau repli, les niveaux de 3 328 $ à 3 327 $ devraient offrir un premier palier de soutien. En dessous de 3 300 $, les signaux baissiers se multiplieraient, avec un possible repli vers 3 265 $ ou 3 222 $, les planchers observés la semaine passée.

Une phase d’incertitude prolongée

La situation du marché de l’or reste piégée dans une temporalité suspendue. Les risques géopolitiques se multiplient, les enjeux monétaires s’intensifient et les relations commerciales internationales oscillent entre ouverture et confrontation. Le métal jaune attend son catalyseur. Et les marchés, eux, n’ont pas encore choisi leur camp.

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